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La reconnaissance faciale peut-elle protéger la santé et garantir la sécurité des enfants sur Internet ?

Beaucoup d’entre nous ont déjà présenté leur visage à leur smartphone pour pouvoir, a minima, déverrouiller leur téléphone ou encore, opération plus sensible, accéder à leur compte bancaire en ligne. La reconnaissance faciale fait aujourd’hui partie des solutions technologiques les plus fiables et sécurisées pour éviter toute forme d’usurpation d’identité. Elle a en plus le mérite d’être facile à mettre en œuvre par l’utilisateur.

En France, la reconnaissance faciale pourrait-elle jouer un rôle important auprès des plus jeunes afin de lutter contre l’hyper-connexion ? Pourrait-on aller plus loin et penser son usage au service de la protection des mineurs vis-à-vis des sites réservés aux adultes ? Deux associations pour la protection de l’enfance, e-Enfance et la Voix de l’Enfant, dénoncent notamment l’absence de mesures suffisantes qui entoure ce sujet.

Hyper connexion, contenus pour adultes facilement accessibles aux mineurs… quels outils pour s’en prémunir ?

Avec près de 4h par jour en moyenne passées sur les écrans par les jeunes français, l’hyper connexion représente un réel danger sur la santé physique et psychologique des enfants. Les inquiétudes ne cessent de croître quant aux risques cognitifs liés à la surconsommation d’écran. Des complications sont notamment envisagées pour le développement du cerveau et l’apprentissage des compétences fondamentales, c’est pourquoi les enquêtes scientifiques se multiplient afin d’en établir l’impact réel. En attendant, les technologies de vérification d’identité, comme la reconnaissance faciale ou biométrique, pourraient être des solutions efficaces à la disposition des parents qui voudraient limiter le temps d’écran de leurs enfants.

A 12 ans, près d’un enfant sur trois a déjà été exposé à la pornographie.

Autre danger menaçant nos enfants : la possibilité de contourner facilement les autorisations ouvrant l’accès à des contenus réservés à un public adulte, dénoncé par deux associations de protection de l’enfance : e-Enfance et la Voix de l’enfant. Il suffit en effet d’affirmer être majeur à l’entrée du site pour y accéder. Or la loi sur les violences conjugales, votée en 2020, a établi qu’une case à cocher est insuffisante pour faire preuve de bonne foi et que le procédé ne dédouane aucunement le site concerné de ses responsabilités.

Malheureusement, la loi reste inefficace concernant ces sites appartenant à des sociétés basées à l’étranger. Et à 12 ans, près d’un enfant sur trois a déjà été exposé à la pornographie. La Voix de l’Enfant et e-Enfance ont choisi de contourner le problème en assignant en justice les principaux fournisseurs d’accès à Internet qui ont eux aussi un rôle à jouer dans ce combat. Certains des accusés ont répondu qu’ils fermeraient l’accès aux sites concernés si telle était la décision de la justice. En attendant, une technologie de vérification de l’identité telle que la reconnaissance faciale, qui a fait ses preuves en termes de fiabilité et de facilité de mise en œuvre, pourrait être intéressante à implémenter. Il faudrait toutefois que la loi française s’empare du sujet…

Les technologies de vérification d’identité respectent-t-elles les données personnelles ?

Si le principe de scanner son visage via un appareil photo peut être mal perçu, en théorie, pas de crainte à avoir. Les solutions proposant la reconnaissance faciale comme portail d’accès se doivent d’être fiables, instantanées et ne conserver aucune donnée. Il en va de même pour toute forme de reconnaissance biométrique. Lorsqu’elle est utilisée sur un téléphone personnel, elle permet de stocker, par exemple, le gabarit de notre empreinte digitale scannée dans l’appareil, soit dans un environnement dit « cloisonné » et qui n’est pas accessible depuis l’extérieur.

Pour en revenir à la reconnaissance faciale, son fonctionnement repose sur un entrainement par l’analyse de centaines de milliers de photos dans le but d’apprendre à réaliser une signature numérique unique du visage humain. Grâce à cet apprentissage, la solution va être capable d’assurer que le visage reconnu correspond à celui scanné sur la pièce d’identité fournie. Cette intelligence artificielle va plus loin encore car elle peut prévoir les variations d’âge.  Elle sait donc reconnaitre la même personne sur des photos qui ont plusieurs années d’écart, tout comme elle sait interpréter les variations de luminosité de l’image.

Les solutions de vérification d’identité se présentent donc dans cette optique d’utilisation en contrôle de l’âge de l’utilisateur comme des solutions fiables et respectueuses des données personnelles pour la protection des mineurs face à l’accès à des contenus inadaptés. Intégrée à un filtre de contrôle parental, elles aideraient les parents à bloquer l’accès aux sites qu’ils jugent inadaptés pour leurs enfants, mais aussi à limiter le temps accordé sur les écrans.

L’enjeu aujourd’hui est de déterminer comment faire bon usage de ces technologies sans les imposer et dans le respect des libertés. Depuis 2020, plusieurs propositions de loi ont été déposées, et notamment au niveau de la Commission européenne, afin de favoriser l’adoption de l’intelligence artificielle tout en garantissant la sécurité et les droits fondamentaux des citoyens et des entreprises. Une chose est sûre, les technologies de vérification d’identité, et notamment la reconnaissance faciale, n’ont pas fini de nous étonner, car elles ne cessent de progresser. Des possibilités d’exploitation intéressantes se dégagent de leur utilisation, mais une réflexion s’impose pour éviter toute entrave à la liberté individuelle. Bien que la réglementation ait encore du chemin à faire, on peut s’attendre à ce que la reconnaissance faciale devienne un outil de plus en plus sollicité.

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